
Tomber victime d’une escroquerie par sorcellerie n’est ni une faiblesse, ni une faute dont il faut rougir. Dans la pratique quotidienne, ce type d’infraction repose sur des mécanismes sophistiqués de manipulation psychologique, de promesses mensongères et de pressions financières intenses. Ces actes ciblent spécifiquement des personnes fragilisées par des circonstances de la vie : peur face à l’avenir, maladie inexpliquée, difficultés familiales, conflits affectifs ou l’espoir désespéré de résoudre une situation bloquée.
Au Maroc, le droit pénal ne se limite pas à protéger les citoyens contre les fraudes commerciales classiques ou les escroqueries bancaires. Il déploie un arsenal juridique robuste pour poursuivre et condamner les auteurs qui exploitent les croyances, la détresse émotionnelle ou la vulnérabilité d’autrui dans le seul but de soutirer de l’argent ou des biens.
« Dans mon cabinet, j’accueille chaque semaine des victimes qui n’osent pas parler à leur propre famille de ce qu’elles ont subi. La honte est le meilleur allié de l’escroc. Mon premier rôle en tant qu’avocate est de déculpabiliser la victime, de lui rendre sa dignité, avant de structurer un dossier pénal implacable pour lui rendre justice. »
— Maître Amal Anouide, Avocate pénaliste (+13 ans d’expérience)
La confusion est fréquente : la justice ne juge pas la croyance en elle-même, mais l’acte de manipulation à des fins d’enrichissement. En droit marocain, l’important n’est pas de savoir si une personne se présente sous l’étiquette de « guérisseur », « fqih », « raqi », « cheikh spirituel », ou encore comme un simple vendeur d’herbes et de produits traditionnels.
La véritable question juridique est la suivante : cette personne a-t-elle utilisé des procédés mensongers et une mise en scène pour pousser la victime à lui remettre des fonds, des bijoux ou des objets de valeur ?
Cette qualification d’escroquerie repose sur l’article 540 du Code pénal marocain. Ce texte réprime de un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende l’escroquerie lorsque l’auteur emploie des manœuvres frauduleuses, affirme de fausses qualités ou utilise des moyens trompeurs pour déterminer une personne à lui remettre des biens.
Dans les affaires de charlatanisme, l’escroc construit un scénario élaboré (la « mise en scène » au sens juridique) :
À retenir : La loi marocaine ne sanctionne pas la simple croyance privée ou religieuse. Elle sanctionne l’exploitation frauduleuse de cette croyance pour appauvrir la victime.
Pour dissiper les doutes sur l’application de la loi, la justice marocaine a posé des jalons stricts. L’arrêt de la Cour de cassation n° 878/12 rendu le 31/05/2023 (dossier correctionnel n° 19742/6/12/2022) constitue un précédent majeur et une victoire pour la sécurité juridique des victimes.
Dans cette affaire emblématique, le prévenu, condamné en première instance pour escroquerie, tentait de se disculper en affirmant qu’il n’était qu’un simple herboriste (vendeur de plantes). Il soutenait que vendre une bouteille d’eau à 100 dirhams n’était qu’une transaction commerciale, tentant de masquer la dimension occulte sous un habillage purement marchand.
La haute juridiction a rejeté cet argumentaire. S’appuyant sur les enquêtes de la police judiciaire, les aveux partiels du prévenu et des enregistrements téléphoniques, la Cour a confirmé que :
La principale difficulté dans ces affaires réside dans l’administration de la preuve. Sous l’emprise de la peur ou de la honte, les victimes effacent souvent les messages compromettants ou paient de grandes sommes en espèces sans exiger de reçus.
Maître Amal Anouide souligne : « Même si vous pensez avoir tout supprimé, l’empreinte numérique et la chronologie des événements laissent toujours des traces exploitables par un avocat pénaliste averti. »
Il faut démontrer la « mise en scène ». Rassemblez :
Il faut prouver que l’auteur agissait de mauvaise foi :
L’expertise du cabinet de Maître Anouide a permis de cartographier les modes opératoires les plus courants :
La diaspora marocaine est une cible privilégiée. L’éloignement géographique, le décalage perçu vis-à-vis des réalités du terrain et la solvabilité financière des MRE attirent les escrocs opérant via les réseaux sociaux.
Beaucoup de MRE renoncent à leurs droits, pensant que le coût d’un déplacement au Maroc sera supérieur à la somme perdue. C’est une erreur. Des solutions dématérialisées et légales existent.
Les autorités marocaines ont modernisé leurs services. Un MRE peut initier un signalement via les plateformes électroniques de la Présidence du Ministère Public (e-chikaya). Il est crucial d’y joindre : un exposé narratif clair, les preuves de transferts internationaux et les numéros de téléphones marocains utilisés par l’auteur.
Pour éviter un aller-retour coûteux et assurer un suivi rigoureux, le MRE peut établir une procuration spéciale (légalisée au consulat du Maroc du pays de résidence) au nom de son avocat au Maroc.
Cette approche permet à Maître Anouide de :
Je ne connais que le prénom de l’escroc ou son pseudo (ex: « Fqih Soussi »). Puis-je porter plainte ?
Oui, absolument. La police judiciaire dispose de moyens d’investigation avancés. Un simple numéro de téléphone (même prépayé), un compte bancaire de réception, ou même une localisation de retrait d’argent via mandat suffisent souvent à réquisitionner l’opérateur télécom ou l’agence de transfert pour identifier formellement l’auteur ou son complice.
J’ai payé en espèces lors de consultations à domicile, je n’ai pas de reçu. Mon dossier est-il vide ?
Non. En droit pénal, la preuve est libre. Si vous n’avez pas de reçu papier, l’infraction peut être prouvée par des faisceaux d’indices : vos échanges vocaux préparant la rencontre, le témoignage de la personne qui vous a accompagné, ou encore la découverte du matériel frauduleux (objets occultes) chez l’auteur lors d’une perquisition.
L’escroc affirme que je lui ai donné l’argent de mon plein gré (« cadeau » ou « Sadaka »). Que faire ?
C’est la défense classique des charlatans. Cependant, la définition même de l’escroquerie (Art. 540) implique que la victime remet son argent volontairement, mais uniquement parce qu’elle a été trompée. C’est le consentement vicié par le mensonge et la manipulation qui constitue le crime.
Puis-je réellement récupérer l’argent que j’ai perdu ?
La récupération des fonds dépend de la rapidité de votre action. Si l’auteur est identifié et interpellé, il est possible de se constituer partie civile pour exiger le remboursement intégral et des dommages et intérêts. Dans de nombreux cas, sous la pression judiciaire et la menace de prison ferme, les escrocs ou leurs familles proposent de restituer les fonds pour obtenir un désistement partiel de la victime (qui n’arrête toutefois pas l’action publique, mais peut alléger la peine).
L’escroquerie par sorcellerie est un véritable fléau qui draine le patrimoine des ménages marocains et de la diaspora en exploitant ce qu’ils ont de plus intime : leurs douleurs, leurs peurs et leurs espoirs. Garder le silence, c’est garantir l’impunité de ces réseaux organisés et leur permettre de détruire d’autres vies.
Le droit marocain, soutenu par une jurisprudence de la Cour de cassation toujours plus protectrice, vous offre les outils pour contre-attaquer. Avec l’accompagnement stratégique du cabinet de Maître Amal Anouide, vous transformez un traumatisme personnel en un dossier juridique solide. De l’évaluation des preuves numériques jusqu’à la plaidoirie devant le juge, une approche rigoureuse et confidentielle est la clé pour faire valoir vos droits et, surtout, retrouver votre tranquillité d’esprit.
Ne laissez plus la peur dicter vos actions. La justice est de votre côté.
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Avertissement légal : Cet article est une publication à vocation informative et de sensibilisation au droit. Il ne saurait remplacer une consultation juridique personnalisée. Chaque affaire étant unique, elle nécessite l’examen minutieux des pièces de votre dossier par un avocat inscrit au Barreau.
Maître Amal Anouide, avocate inscrite au Barreau de Safi depuis plus de 13 ans, est une spécialiste reconnue en droit de la famille marocain (Moudawana). Le Cabinet Anouide accompagne une clientèle nationale et internationale, particulièrement les Marocains Résidant à l'Étranger (MRE), en offrant une expertise rigoureuse pour sécuriser l'exécution de leurs droits au Maroc.
Publié sur Med amine OulmachiTrustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google. محامية ممتازة في قضايا الأسرةPublié sur Mohammed hikelTrustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google. استاذة ممتازة في قضايا الأسرة بالمغربPublié sur Mohamed R'bibTrustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google. أستاذة ممكنة من مهنة المحاماةPublié sur Selim SkfendriTrustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google. محامية متميزة داخل هيئة مدينة آسفيPublié sur Le Jardin des Rêves des Chats Essaouira MarocTrustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google. La personne qui répond au téléphone ne par le pas français. J'ai envoyé un message en arabe sur whatsapp et par le formulaire de contact du site. Je n'ai aucune réponse. Je suis très déçue. Le site, en français est attractif, mais vraiment ne pas répondre au demande de contact, ce n'est pas sérieux.