
Points Clés à Retenir :

L’arrêt des versements de la pension alimentaire est une étape cruciale qui soulève de nombreuses interrogations pour les pères débiteurs et les mères bénéficiaires au Maroc. Comprendre quand s’arrête la pension alimentaire au Maroc est essentiel pour éviter les poursuites pour abandon de famille ou la perte de droits légitimes. Cet article détaille les cas de cessation prévus par la loi, les procédures de suppression devant le tribunal et les spécificités pour les MRE afin de vous offrir une clarté totale sur vos obligations.
Le cadre légal de la pension alimentaire selon la Moudawana
L’Article 187 de la Moudawana dispose que : « Toute personne subvient à ses besoins par ses ressources propres, sauf exception prévue par la loi ». La pension alimentaire (nafaqa) découle du mariage, de la parenté ou d’un engagement contractuel. Le législateur marocain a instauré ce cadre pour garantir la protection économique des membres les plus vulnérables de la famille.
L’obligation alimentaire comprend l’alimentation, l’habillement, les soins médicaux et l’instruction des enfants. Cette obligation repose sur une présomption de solvabilité du débiteur, sauf preuve contraire apportée devant le juge.
L’Article 198 de la Moudawana fixe les limites temporelles de l’entretien des enfants par le père. La loi marocaine distingue plusieurs situations selon l’âge, le sexe et l’état de santé de l’enfant.
En règle générale, le père doit pourvoir à l’entretien de ses enfants jusqu’à leur majorité, fixée à 18 ans. À cet âge, l’enfant est présumé capable de subvenir à ses propres besoins, sauf s’il se trouve dans l’un des cas d’extension prévus par le Code de la famille.
Pour les enfants qui poursuivent leurs études, l’obligation alimentaire du père est prolongée jusqu’à l’âge de 25 ans révolus. Le bénéficiaire doit prouver sa scolarité régulière pour maintenir son droit à la pension.
La Moudawana prévoit des protections particulières pour certaines catégories d’enfants :

L’Article 194 de la Moudawana impose à l’époux de pourvoir à l’entretien de son épouse dès la consommation du mariage. Cependant, ce droit n’est pas absolu et peut prendre fin dans des circonstances précises.
En cas de divorce révocable, l’épouse conserve son droit à la pension pendant la période de viduité (Idda). En revanche, pour un divorce irrévocable, la pension n’est due que si l’ex-épouse est enceinte, et ce, jusqu’à son accouchement. Si elle n’est pas enceinte, elle n’a droit qu’au logement jusqu’à la fin de la période de viduité.
L’Article 195 stipule que l’épouse qui refuse de rejoindre le domicile conjugal après avoir été condamnée à cet effet perd son droit à la pension. Le Cabinet Anouide souligne que cette mesure vise à sanctionner le manquement à l’obligation de cohabitation légale prévue par l’Article 51.
La pension alimentaire ne s’arrête jamais automatiquement, même si les conditions légales sont réunies. Le débiteur doit obtenir un jugement de suppression auprès du Tribunal de la famille.
Le tableau suivant détaille les étapes de la procédure de suppression au Maroc conformément aux dispositions du Code de procédure civile et de la Moudawana :
Étape | Action requise | Base légale | Observation |
1 | Dépôt d’une requête écrite au Tribunal de la famille | Art. 31 CPC | Doit inclure l’identité des parties et les motifs de suppression. |
2 | Convocation des parties par le greffe | Art. 36 & 37 CPC | Délai de notification à anticiper (plus long pour les MRE). |
3 | Tentative de conciliation obligatoire | Art. 81 & 82 Moudawana | Le juge tente de rapprocher les points de vue. |
4 | Production des preuves (certificats de fin d’études, acte de mariage) | Art. 190 Moudawana | L’expertise peut être ordonnée par le tribunal. |
5 | Prononcé du jugement de suppression | Art. 50 CPC | Le jugement est susceptible d’appel dans les 15 jours. |

Le Cabinet de Maître Amal Anouide propose une expertise complète pour la gestion des dossiers de pension alimentaire à distance. Les procédures pour les MRE comportent des particularités essentielles.
⚠️ ATTENTION – Point crucial : Un jugement de divorce étranger ne supprime pas automatiquement la pension fixée au Maroc. Une procédure d’exequatur est nécessaire pour que les décisions étrangères soient exécutoires sur le territoire marocain.
La complexité des règles liées à la nafaqa nécessite un accompagnement juridique adapté dès que les conditions de suppression approchent. Une consultation précoce permet de :
Le Cabinet de Maître Amal Anouide à Safi accompagne les justiciables dans toutes les villes du Royaume et à l’étranger, avec possibilité de consultation à distance (WhatsApp, Visioconférence).


R : Selon l’Article 198 de la Moudawana, elle s’arrête à 18 ans, ou 25 ans si l’enfant est étudiant. Pour les enfants handicapés, elle est sans limite d’âge.
R : Oui, pour la part qui la concerne personnellement, mais la pension pour les enfants reste due au père, car le remariage de la mère n’annule pas l’obligation alimentaire paternelle vers les enfants.
R : L’Article 187 dispose que chacun subvient à ses besoins par ses propres ressources. Vous devez saisir le juge pour prouver son autonomie financière et demander la suppression.
R : Absolument. Le Cabinet Anouide gère ces dossiers via procuration consulaire et échanges numériques sécurisés.
R : Selon l’Article 480 du Code pénal, le refus d’exécuter un jugement de pension alimentaire pendant plus d’un mois est constitutif d’un délit d’abandon de famille.
Avertissement juridique Cet article fournit des informations juridiques générales sur la fin de la pension alimentaire au Maroc et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation présente des spécificités nécessitant une analyse approfondie par un avocat. Les informations présentées sont valables à la date de publication et susceptibles d’évolution législative. Pour une évaluation précise de votre dossier, consultez un professionnel du droit. Le Cabinet Anouide ne peut être tenu responsable des décisions prises sur la seule base de cet article sans consultation préalable.
Maître Amal Anouide, avocate inscrite au Barreau de Safi depuis plus de 13 ans, est une spécialiste reconnue en droit de la famille marocain (Moudawana). Le Cabinet Anouide accompagne une clientèle nationale et internationale, particulièrement les Marocains Résidant à l'Étranger (MRE), en offrant une expertise rigoureuse pour sécuriser l'exécution de leurs droits au Maroc.